Semaine du 1 au 8 février

Venus

Vénus
Venus 11022 640 Déesse de l’amour pour les Romains, elle est aussi la deuxième planète du système solaire dans l’ordre d’éloignement. Pour autant, avec une atmosphère chargée à plus de 95% de dioxyde de carbone (CO2) et une température de surface oscillant autour de 464°Celcius, elle n’a rien d’attrayant et les amateurs de représentations des joies de la chair feront de bien meilleures rencontres en visitant certains temples hindous.

Ce tableau ne décourage en revanche​​​​​​​ pas les scientifiques de vouloir y trouver des traces de molécules pouvant ou ayant pu signer la présence d’une vie. C’est la raison pour laquelle certaines équipes se disputent pour savoir comment interpréter les couleurs rosées exhibées par cette grosse planète inhospitalière : phosphine (PH3) ou dioxyde de soufre (SO2), telle est la question. Des articles parus récemment dans l’Astrophysical Journal Letters [01], [02].

​​​​​​​Vers l'accueil.

Vers le survol des sciences.

Les technologies qui vont modeler notre avenir ...

Mitosis 3876669 640 L’article [04] présente de manière succincte mais très intéressante sept thématiques sur lesquelles les amoureux des sciences et les chercheurs professionnels ne devraient pas hésiter à porter leur attention cette année :

  • La recherche de vaccins thermiquement stables
  • L’optogénétique, une discipline jeune née en 2005,  permet de contrôler l’activité de cellules cérébrales et de certains circuits neuronaux. Dans son usage pacifique, elle permet de mieux comprendre le fonctionnement de nos cerveaux et laisse espérer le décodage des mécanisme de formation du langage ainsi que la mise au point de certaines thérapies.
  • La synthèse d’anticorps plus efficaces.
  • La compréhension des mécanismes de différentiation cellulaire.
  • Comment la perception qu’ont les cellules des forces de pression contribue-t-elle à leur expression génique.
  • Améliorer la spectrométrie des tissus pour permettre aux praticiens de prendre leurs décisions cliniques plus rapidement et de façon optimisée.
  • Détecter la présence d’agents pathogènes dans une masse gazeuse. Plus généralement : mieux connaitre le mode de fonctionnement de l’olfaction.

Visiblement, dans cette sélection éditoriale, la biologie et les sciences du vivant l’emportent sur les sciences fondamentales, dites dures. Pour autant, il serait erroné de penser qu’elles ne restent pas très interdépendantes les unes des autres.

De la cristallisation atomique (phénomène de nucléation).

La théorie classique de la cristallisation affirme qu’un liquide dense dans un état métastable évolue irrémédiablement vers un état cristallin. Une équipe vient d’observer la formation de cristaux d’or sur un substrat de graphène. Contredisant les prédictions de la théorie classique, elle a observé que l’évolution vers l’état cristallin passe d’abord par une phase instable fluctuant entre états ordonnés et états désordonnés. Ces derniers sont d’autant plus brefs que la taille de l’échantillon est grande. Ces résultats plaident pour l’existence d’états thermodynamiques instables liés à des facteurs dimensionnels de l’échantillon observé. Ils jettent un regard nouveau sur un processus encore mal connu ; [05].

Le magnétisme du muon

Physics 3871216 640  Le muon est un cousin de l’électron. L’accélérateur de particules américain (Fermilab) s’apprête à révéler en mars prochain les résultats d’une étude débutée en 2001. Les premiers éléments parvenus au grand public laissaient deviner un magnétisme légèrement supérieur aux prédictions théoriques ; [06].

Tout comme son cousin, le muon a un spin et celui-ci lui confère des propriétés magnétiques. Diverses explications ont été proposées pour expliquer une éventuelle divergence entre théorie et expérience [07], [08] :

  • L’existence et l’intervention de couples de (particules, antiparticules) virtuelles circulant autour du muon ;
  • L’existence d’un superpartenaire (en référence à la théorie actuellement très controversée de supersymétrie) ;
  • L’existence d’une ou plusieurs nouvelle(s) particules forçant à approfondir une fois encore le modèle standard des particules élémentaires. Dans cette catégorie, il a par exemple été récemment proposé d’interpréter la différence comme preuve de l’existence d’un torque dû à un champ pseudoscalaire associé à la présence de matière sombre [09].

La première explication fait appel à des façons de penser et des équations caractéristiques de la théorie quantique des champs et de la chromodynamique quantique. Elles génèrent des calculs difficiles à réaliser sans l’appui des ordinateurs et d’algorithmes as hoc. La deuxième explication semble peu probable parce que les niveaux d’énergie impliqués au LHC aurait dû mettre en évidence ce superpartenaire depuis bien longtemps.

Vers les actualités de la semaine du 24 au 31 janvier 2021

Bibliographie consultée pour la semaine débutant le 01 février 2021. 

[01] Complication in the ALMA detection of phosphine at Venus ; arXiv:2101.09831v1 [astro-ph.EP], 24 Jan 2021, CC BY-NC-SA.

[02] Claimed detection of PH3 in the clouds of Venus is consistent with mesospheric SO2; arXiv:2101.09837v1 [astro-ph.EP], 25 Jan 2021, CC BY.

[03] Novavax offers first evidence that Covid vaccines protect people against variants; Nature, news, 29 January 2021.

[04] Seven technologies to watch in 2021: Nature, technology feature, 26 January 2021.

[05] Reversible disorder-order transitions in atomic crystal nucleation, Science 29 Jan 2021: Vol. 371, Issue 6528, pp. 498-503.

[06] Once again, physicists ask, how magnetic is the muon? Science 29 January 2021: Vol. 371, Issue 6528, pp. 450-451.

[07] Muon (g-2): Experiment and Theory, Ann. Rev. Nucl. Sci. 62 (2012) 237-264.

[08] The cloack-and-dagger tale behind this year’s most anticipated result in particle physics, sciencemag.org, Jan. 27. 2021.

[09] Muon g-2 and EDM experiments as muonic matter detectors, Phys. Rev. D 102, 115018, 10 December 2020, APS, CC BY 4.0

Date de dernière mise à jour : 08/02/2021