Ethique-du-site.

 

« Le seigneur dont l‘oracle se trouve à Delphes

ne dit rien, ne cache rien, mais suggère. »

Héraclite, Fragment 93

(sur la préface du livre "Le principe", J. Ferrari.)

 Le lectorat de ce site et de mes sites précédents aura certainement remarqué la lente évolution dans ma manière de présenter la physique mathématique. L’amateur passionné de 2004 a mûri au fil du temps.

Comme en bien des domaines, il ne suffit pas de se lancer dans une aventure, aussi noble et belle soit-elle, avec un bel adage en tête (quelque chose du genre « Science sans conscience n’est que ruine de l’âme ») pour atteindre le but qu’on s’est fixé ou pour espérer l’atteindre à l’abri de tous les dangers.

Beaucoup -qui ne se sont jamais intéressés au sujet- ne le savent probablement pas mais la physique, peut-être plus encore que d’autres branches de l’activité humaine, est tout sauf un long fleuve tranquille.

Les amoureux de l’histoire de la physique auront noté la parution, en 2015, d’un livre de Jérôme Ferrari : « Le Principe » consacré, bien entendu, à faire connaître la vie de Werner Heisenberg au grand public mais surtout à lui faire découvrir la notion de responsabilité civique, laquelle ne devrait pas -surtout pas- épargner les chercheurs.

Chacun jugera l’histoire de ce chercheur allemand à l’aune de ses propres critères philosophiques et politiques. Toujours est-il qu’à cause de sa compromission avec le pouvoir nazi (ce qui est un diminutif utilisé comme adjectif signifiant national-socialiste pour ceux qui ne le saurait pas encore) seul est resté de lui son incontournable principe d’incertitude sur la mesure (entre position et vitesse ; entre énergie et temps) ; voir si vous le souhaitez mon essai confrontant ce principe et la préservation de l'élément de longueur par covariance.

Ni l’attrait de la beauté esthétique des mathématiques, ni la quête de vérités ultimes ne peuvent justifier de se compromettre avec un pouvoir barbare (la question historique posée par les choix de vie faits par Werner Heisenberg et quelques-uns de ses contemporains).

Il est également faux d’imaginer un instant que la volonté généreuse de vouloir partager le savoir en direction de ceux qui sont présupposés en avoir moins dédouane systématiquement de la nécessité de respecter un certain nombre de règles élémentaires à assurer la survie dans un monde où la concurrence fait rage à tous les niveaux et où le concept de fraternité reste un vœu pieux, que ce soit entre les laboratoires, entre les sociétés ou entre les pays.

L’avantage d’être né français c’est que bien souvent on croit d’abord à l’universalisme avant de croire en un dieu. L’inconvénient d’être né français c’est justement de croire en l’universalisme dans un monde où la quasi-totalité des autres pays sont peuplés de gens, au demeurant très honorables si on fait abstraction des terrorismes absconds, qui préfèrent d’abord croire en un dieu, peu importe lequel.

En France, le partage universel du savoir illustre une générosité d’esprit traditionnelle qui fait partie de nos valeurs morales. Ce que nous vivons comme une qualité se ressent comme une faiblesse par les pays dans lesquels vaut préférentiellement le « tout savoir se monnaie ».

Cette dissymétrie peut facilement vous faire passer pour un idiot aux yeux de certaines contrées alors qu’on pensait tout simplement faire le bien aux yeux de ses concitoyens ! Tout est relatif, n’est-ce pas ? Einstein n’aurait pas dit le contraire.

Il est donc extrêmement difficile de trouver un juste milieu entre le désir de partager et la nécessité de ne pas donner de soi une image fausse. Généreux, enthousiaste, créatif, ne veut pas dire naïf, mais ni non plus qu’on ait envie de nuire à quiconque.

Il est difficile de savoir quelle proportion du savoir on laisse en accès libre et quelle autre on doit faire payer pour y accéder ; enfin, quelle autre encore on doit absolument protéger pour garder une avance sur ses concurrents et assurer sa propre défense.  

Tout ceci étant su et dit, il m’a fallu prendre lentement conscience de ce que je savais et de ce que je ne savais pas. Bien entendu, j’ai bien vite compris que je ne savais pas grand-chose !

La physique mathématique n’est pas mon métier : elle est seulement une vieille passion dont j’ai rêvé à seize ans qu’elle le soit et qu’un destin personnel m’a empêché de réaliser. Un avc survenu fin 2003 a bouleversé ma vie professionnelle mais il a également été l'évènement réanimant cette flamme dormant au fond de moi. Je m'y suis accroché pour donner un sens à ma vie.

Après un démarrage excessivement passionné en 2004, j'ai progressivement compris toute la vanité qu’il y aurait à vouloir enseigner les autres sur des sujets que je ne maitrisais pas ou si peu (pire à imaginer vouloir en faire commerce). J’ai donc fait le choix de la gratuité et de la sincérité dans l'exposé de mes idées.

Ainsi, ce site n’est pas un lieu d’enseignement. Il existe suffisamment de sites spécialisés en ligne (Universités, Youtube, TED, etc...) où chacun peut apprendre la physique à son rythme et en fonction de ses moyens financiers, d’ailleurs parfois gratuitement.

Ce site présente simplement une vision personnelle de notre cosmologie, un essai de physique mathématique s’inscrivant dans la démarche plus vaste visant à élaborer une théorie quantique de la gravitation.

Seuls votre lecture, votre esprit critique et/ou les avis que pourront en donner les professeurs permettront de savoir quel crédit accorder à cette tentative ; voir les conditions générales d'usage.

J’espère simplement que ce partage d’expérience, ce bout de chemin parcouru ensembles via internet depuis 2004 aura aidé et aidera certaines ou certains d’entre vous à réfléchir un peu sur la vie et sur toutes ses fabuleuses facettes. Et qui sait : peut-être y-a-t-il aussi un peu de vrai dans ma théorie ?  

© Thierry PERIAT, 1 décembre 2021.

Date de dernière mise à jour : 01/12/2021