Recherche et public

 

En cette triste fin d’hiver 2021 que la pandémie et sa cohorte de morts rendent encore plus sombre qu’à l’accoutumée, il ne m’est plus possible de nier l’évidence : mon désir de partage du savoir ne trouve pas de sol où germer. Toutes les raisons de ce coup d'épée dans l'eau sont expliquées sur la page dédiée aux futurs étudiants.

Voilà des années que m’intéresse, me préoccupe et parfois m’obsède la physique théorique mais l’impression de solitude persiste. Il reste extraordinairement difficile, voire impossible, de trouver une véritable reconnaissance sur internet

Quelques apparitions rapides sur des blogs contemporains ont récemment finis de forger cette conviction. Il est extrêmement rare de voir des professionnels s’abaisser à des discussions physiques ouvertes sur la toile. Quand ils le font, c’est presque toujours sous couvert d’anonymat, à visages couverts par un ou plusieurs pseudonymes. La discipline, son exercice et le partage du savoir se font par des gens cachés derrière des masques.

La physique est-elle une science si dangereuse et/ou honteuse qu’il faille en venir à ces attitudes quasi-clandestines ?

Quant à mon objectif ? Il est le même qu’une armée silencieuse et souvent inconnue de chercheurs : tenter d’unifier la théorie de la relativité et l’approche quantique de la réalité. Sans doute très ambitieux et un brin prétentieux, il ne porte pourtant avec lui aucun espoir nouveau en fait.

Malgré l’abondance de littérature accessible en ligne (un vrai délice pour les passionnés), le public ne semble pas particulièrement aimer les sciences dures. Ce jugement est peut-être erroné si, comme je viens de le suggérer, la vraie cause de ce silence repose dans la nécessité de protéger des secrets industriels.

Le public préfère visiblement la psychologie, la sociologie, l’écologie et -par-dessus tout- la politique, certainement parce que celle-ci rassemble les disciplines précédentes sur le ring des luttes quotidiennes dont il se délecte volontiers.

Peu lui importe de savoir si la Terre a changé de trajectoire dans sa course autour du soleil, les raisons de ce changement et encore moins s’ils ont une part dans les variations climatiques dont il observe les effets depuis quelques années.

Peut-être a-t-il d’ailleurs raison ce public. Car aucune puissance, aujourd’hui, n’a les moyens de corriger l’orbite de la planète alors que toutes ont la potentialité d’influencer les comportements citoyens pour permettre et accélérer l’adaptation aux variations climatiques. Seul le résultat des actions mises en œuvre par les politiques compte.  

Mais y a-t-il vraiment une anomalie climatique durable (Dyson en a douté à la fin de sa vie) ? N’assistons-nous pas, désemparés et surpris, au déroulement inéluctable d’un cycle multimillénaire dont nos ancêtres ne nous ont laissé aucune trace tangible ? Les statistiques ne sont pas tenues depuis si longtemps !

Et si anomalie il y a tout de même (en atteste la fonte des glaciers et la fréquence accrue d’épisodes hyperthermiques), qui nous prouve que l’activité humaine en est la cause principale et unique ? Quid d’une hyperactivité du noyau terrestre ou d’un excès d’activité solaire ? Si ces questions vous dérangent, n’oubliez pas que la science repose sur le doute et la recherche d’objectivité ; relire l’œuvre de Descartes.

Quelle est la part effective de nos agitations industrielles si le magma gisant sous nos pieds se réchauffe ou si le soleil souffle des ondes thermiques plus puissantes que d’habitude ? Quelle utilité aurait la réduction de nos activités économiques dans le cadre de cette éventualité ?

Au lieu de faire moins, comme le préconise certaines mouvances écologistes, ne faudrait-il pas alors, au contraire, se hâter de construire des vaisseaux spatiaux dans le premier cas et des villes souterraines à l’abri des mortels rayons dans le second cas ?

Une chose semble aujourd’hui certaine : lorsque la chaleur s’accumule dans la coque atmosphérique entourant notre planète, elle se répartit en une onde thermique oscillante.

La plus grande défaite des scientifiques aujourd’hui n’est pas de ne pas encore avoir su unifier la théorie de la relativité générale et la théorie quantique. Elle est de ne pas avoir su convaincre les maîtres de l’enseignement à diffuser largement les bases d’une pensée rationnelle. L’humanité de ce début du vingt-et-unième siècle, n’en déplaise à toutes les élites politiques et religieuses de ce monde, sort à peine des ténèbres moyenâgeuses. Et ni les téléphones mobiles, ni les SUV, ne changent rien à ce triste constat. 

La carrière, scientifique, politique -et peu importe laquelle d’ailleurs, la marche économique et ses règles comptables imposant les profits immédiats, ont plus d’importance qu’une analyse méthodique de la réalité physique.

L’ego avant le groupe, la monopolisation du pouvoir avant la mise en œuvre des solutions permettant de sauver la collectivité : ce sont les raisons essentielles pour lesquelles, les humains s’assemblent en sociétés dont les apparences se modifient (habits et outils) mais dont les dysfonctionnements se perpétuent au cours des siècles.

Si changement climatique il y a vraiment, quelle qu’en soit la cause, l’humanité avance au bord du prochain précipice parce qu’elle ne dispose pas vraiment des structures mentales (à titre individuel) et sociales (à titre collectif) lui permettant d’y faire face.

L’humanité ressemble de plus en plus à une collection de robots agissant en petits groupuscules (des tribus) animés par des traditions ancestrales d’une portée géographique locale limitée. Toutes ces unités sont fondamentalement animées par un désir profond de préservation des habitudes anciennes (i) qu’elles transmettent au travers de rites immuables et non aménageables ; et (ii) qu’elles sont prêtes à défendre par les armes jusqu’à la mort.

Elles ne sont donc absolument pas dans une disposition mentale leur permettant de percevoir des changements radicaux, par exemple climatiques. Quand ces derniers surviennent et que les évidences empêchent définitivement de les nier, ce qui semble être le cas désormais, elles ne disposent pas de la souplesse mentale et encore moins des outils scientifiques permettant de d’y faire face.

Les catastrophes sont donc, le plus souvent, inéluctables... sauf si nous apprenons à faire preuve de souplesse d’esprit et à évoluer.

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Date de dernière mise à jour : 29/03/2021