Gbar

Généralités concernant les projets de recherche.

 Les plus grandes découvertes se font parfois dans l’indifférence la plus totale. Alors que les contingences quotidiennes captent toutes les attentions (coronavirus, chômage, retraites, etc.), certaines explorations se poursuivent, loin des regards, sans pour autant que cette discrétion rime avec complot. Le travail scientifique est une sorte d’œuvre au noir, difficile, lente, besogneuse.

Car il faut :

  1. Pouvoir s’appuyer sur un édifice théorique bien admis et en examiner les recoins les plus subtiles ; ceux pour lesquels l’esprit critique permet d’oser émettre des doutes.
  2. Proposer un modèle théorique alternatif ou pousser l’édifice admis un peu en dehors de son domaine de définition reconnu. Par exemple, en reconsidérant la théorie de la relativité générale lorsque les masses sont supposées pouvoir être négatives ; du moins sur le papier.
  3. Imaginer un ensemble cohérent de dispositifs expérimentaux permettant de tester le modèle proposé et décrire cet attirail technique de façon la plus précise possible.
  4. Présenter le projet aux instances en charge de la recherche et en obtenir des crédits suffisants.
  5. Construire ensuite les installations qui permettront de tester l’hypothèse avancée.
  6. Faire fonctionner ces installations.
  7. Rendre compte du fonctionnement effectif de ces installations.
  8. Mesurer le comportement des acteurs impliqués dans l’expérience
  9. Analyser les mesures et les résumer en un propos concis qui permettra à tout un chacun de savoir si oui ou non la démarche a été concluante, validant ou invalidant l’hypothèse autour de laquelle tout le projet s’articulait.
  10. Publier et être lu.

Le projet Gbar.

Il en est ainsi du projet GBAR. Financé depuis 2012 (étape 4), il réalise ses premières expérimentations à partir de 2018 (étapes 5 et 6) et livrent désormais ses premiers résultats écrits et théoriques (étape 7).

Le projet a pour objectif d’approfondir nos connaissances sur la théorie de la relativité générale. Plus exactement sur la notion de masse et sur la validité du principe d’équivalence sensé régir le comportement des masses graves et inertes.

La physique quantique a permis de prédire l’existence d’antiparticules ; une antiparticule est apparemment équivalente à la particule à laquelle elle réfère, à sa charge électrique près qui est affublée d’un signe moins.

Les progrès techniques permettent aujourd’hui aux scientifiques de fabriquer des antiatomes d’hydrogène.

La question qui hante tous les esprits.

« Ces atomes tombent-ils ou s’élèvent-ils dans le champ de gravitation terrestre ? »

Les premières indications.

Les dispositifs expérimentaux du projet tentent de répondre concrètement à la question. D’après les propos tenus sur France Culture le 31 janvier 2019, les premières observations contredisent le principe d’équivalence.

Si elles sont confirmées par de nouvelles batteries de mesure, il nous faudra admettre non pas forcément une nouvelle théorie mais que nous n’avions pas forcément bien compris le principe liant l’inertie à la gravitation ou ce qu’est l’antimatière.

© Thierry PERIAT, page créée le 22 décembre 2020 et revue le 6 août 2021.

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Date de dernière mise à jour : 24/08/2021