Etoiles d'antimatière ?

Une réflexion générale sur l’évolution des sciences.

En dépit des apparences, l’époque à laquelle nous vivons revêt bien des aspects extraordinaires. Si d’un côté la pandémie obscurcit le quotidien de nombreuses familles, la science se charge de l’illuminer d’évènements presque fantastiques. Il n’a fallu qu’un an pour mettre au point les premiers vaccins capables de lutter contre cette calamité… un exploit ! Et les surprises ne s’arrêtent pas là pour celles et ceux que la découverte des derniers eldorados de notre univers passionne.

Comme les réflexions exposées sur les pages « un univers en question », « un univers isotrope ? » et « des doutes sur la cosmologie standard » le laissent entrevoir, les modèles décrivant la compréhension actuelle de l’univers et du monde des particules élémentaires semblent atteindre un point stratégique de leurs histoires respectives.

Les remises en cause font partie de la vie normale des sociétés humaines et de leurs constructions mentales, psychiques et théoriques. Les théories physiques n’échappent pas à ces évolutions. Elles sont un processus nécessaire permettant l’actualisation permanente de l’adéquation entre la somme des expérimentations (ce que nous vivons) et la modélisation des vécus.

Ces modifications se réalisent majoritairement au fil de l’eau, parfois sans que grand monde s’en aperçoive. Parfois, comme ce fût le cas avec les expériences de Morley et Michelson, elles génèrent une sorte de tremblement de terre dans le landernau des chercheurs.

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Une découverte surprenante dans la station spatiale internationale ?

Une étude parue récemment fait peut-être partie de ces rares soubresauts capables de secouer la quiétude habituelle. Bien que l’explication de cette asymétrie flagrante ne soit pas aujourd’hui comprise, il semble que l’univers observable ne contienne pratiquement pas (ou plus) d’antimatière, sauf celle que les laboratoires terrestres fabriquent intentionnellement.

Des mesures réalisées sur la station spatiale internationale (ISS) auraient [01], [02] cependant révélé la présence de quelques rares atomes d’antihélium… Ce fait constitue à lui seul une bizarrerie. Il a fait naître l’idée que la faible densité de matière caractérisant l’univers actuel aurait pu permettre la survie d’ilots d’antimatière quelque part dans l’univers. Il a même suscité l’hypothèse selon laquelle la collision de la frontière externe de ces ilots avec l’univers observé pourrait être la cause des jets énergétiques surpuissants gamma qui pavent la nuit céleste.

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Une longue quête encore en cours...

En science, il ne suffit pas d’imaginer des hypothèses ; il faut les tester au fil du rasoir expérimental. C’est ce que fait le télescope Fermi Gamma Ray (lancé le 11 juin 2008 et orbitant à environ 550 km d’altitude) [03], [04]. Dix années d’observation sur près de six mille sources ont révélé quatorze jets dont la nature ne permettait pas de les confondre avec des pulsars, des trous noirs ou des jets gamma habituels [05].

De là à affirmer qu’il s’agit forcément d’explosions dues à une déflagration matière-antimatière… il reste encore un long chemin à parcourir !

© Thierry PERIAT.

Bibliographie :

[01] Un spectomètre en orbite pour traquer l’antimatière ; swissinfo.ch, 27 avril 2011.

[02] Site dédié au suivi du satellite AMS-02 : ams02.space

[03] Article sur Wikipedia-Fr.

[04] Article en ligne sur le site fermi.gsfc.nasa.gov.

[05] S. Dupourqué, L. Tibaldo and P. von Ballmoos. Constraints on the antistar fraction in the solar system neighborhood from the 10-year Fermi Large Area Telescope gamma-ray source catalog. Physical Review D. Published online April 20, 2021. doi:10.1103/PhysRevD.103.083016.

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