Interdisciplinarité

Vulcanologie et cosmologie

Les spécialistes de la préhistoire ont pris pour habitude de faire une partition du temps s’étant écoulé entre la formation de la Terre et l’apparition de l’écriture. La plus récente d’entre elle porte le nom d’ère quaternaire. En fonction des sources consultées et de leurs auteurs respectifs, son commencement elle débute entre 4 et 2,5 millions d’années par rapport à aujourd’hui.

Il arrive que des découvertes modernes concernent cette époque reculée. Elles alimentent l’intérêt qu’on lui porte [01]. Parmi ces trouvailles : un cratère au Groenland. D’après Sciences News [02] -une revue américaine- son existence était connue depuis 2015 ; elle faisait partie de la moisson de résultats glanés par la mission « Opération IceBridge » [03] réalisée par la NASA. Ce cratère soulève une floppée de questions. 

La première se rapporte à son origine : « Est-elle volcanique ou cosmique (endogène ou exogène) ? » La seconde cherche à savoir s’il existe un lien entre l’existence de ce cratère et la disparition de certaines espèces animales (les mammouths par exemple) ? La troisième s’interroge sur le moment exact de sa formation car, malencontreusement -d’après [02]- les données acquises par [03] ne permettent pas de préciser suffisamment celui-ci.

Certaines équipes ont examiné l’hypothèse « impact d’un corps céleste », plus précisément celle d’une météorite fortement chargée en fer. Une anomalie dans le dosage de platine [04] au niveau du cap York a initié cette piste de recherche. Elle donne lieu à un échange entre spécialistes quelques mois plus tard [05], [06]. La question étant de savoir si cette anomalie est locale ou plus globale. Ils concluent que le prélèvement de nouveaux échantillons dans la glace arctique leur apportera surement la bonne réponse.

Cet exemple nous montre une fois de plus qu’une même réalité peut se laisser interpréter de diverses façons (voir la page dédiée à expliquer l’essence de la recherche scientifique). Il démontre également l’intérêt d’une interaction possible et finalement enrichissante entre plusieurs disciplines scientifiques. Aucune d’elle ne peut parvenir à résoudre seule les énigmes que sa recherche lui livre ; ici : la découverte d’une structure géologique en forme de cratère.

En croisant les informations et les perspectives (datation d’évènements préhistoriques, études de géologie, physique appliquée à travers l’utilisation des lasers et techniques de pilotage via l’usage d’avions), une image de la réalité se dégage progressivement. Seule une coopération interdisciplinaire intelligente et raisonnée peut lentement parvenir à éclairer notre passé.

© Thierry PERIAT, parution initiale du 28 décembre 2019.

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Sources consultées

[01]https://www.francetvinfo.fr/sciences/espace/groenland-un-cratere-de-meteorite-geant-retrouve-sous-un-glacier_3042435.html

[02] Crater renewed debate over an ancient climate mystery; SN | December 22, 2018 and January 5, 2019.

[03] https://www.nasa.gov/mission_pages/icebridge/index.html

[04] PNAS August 6, 2013 110 (32) 12917-12920.

[05] PNAS December 24, 2013 110 (52) E5035.

[06] PNAS December 24, 2013 110 (52) E5036.

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Date de dernière mise à jour : 30/03/2021